Le 22 juin, place d’Alger, une bénévole de SoliMed pousse la porte d’un opticien. À ses côtés, M. Z., qui n’a pas changé de lunettes depuis quatre ans. Ses verres correcteurs, d’un type peu courant et difficiles à monter, coûtent une somme qu’il ne peut pas réunir. Il a fini par s’y habituer, comme on s’habitue à voir flou.
La veille, il avait envoyé un courriel à l’association. Il l’a raconté lui-même, avec une franchise qui désarme. Écrire à SoliMed, c’était « jeter une bouteille à la mer ». Il n’attendait rien.
La bouteille a pourtant trouvé preneur en quelques heures. Le dossier, validé par l’équipe médicale dans la journée du 21 juin. Le rendez-vous, pris dès le lendemain. Restait le plus délicat, dénicher une monture compatible avec ces verres atypiques. La bénévole a pris le temps qu’il fallait. Le choix s’est porté sur des verres photochromiques, ceux qui se teintent au soleil, et le budget initial a été dépassé sans que personne ne s’en émeuve. Monture, 12 900 dinars. Verres, 62 400. Au total, 75 300 dinars, pris en charge intégralement par l’association.
Dix jours plus tard, ce jeudi, M. Z. récupérait sa paire. Sa joie, à cet instant, se passait de commentaire.